Les raisons de l'avancée du VIH/ SIDA dans Meiganga et ses alentours

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Written by Roufaou Oumarou

JP Dargal Jean Paul-Paul Dargal est travailleur social; dans cet intervieuw réalisée par Paul- Joël Kamtchang en mars 2013, il "parle des raisons de l'avancée du VIH/ SIDA dans la localité de Meiganga et ses alentours".

Meiganga et Djohong sont considérées comme des villes à forte prévalence du VIH dans la région de l'Adamaoua. Qu'est-ce qui explique cela?

Les villes de Djohong et de Meiganga comptent une population de 113 190 habitants. Cette population est le fruit d’un cosmopolitisme ethnique entre les bororo, les foulbés, le Mboums et les autres ethniques minoritaires. A cela s’ajoute le flux migration de réfugiés centrafricains qui a créé un véritable boom démographique dans ces villes. Dire que ces villes sont des creusets et foyers important d’infection à VIH au regard du taux de séroprévalence se situant à 5.1 dans la région, c’est simplement évoquer les facteurs pondérant qui exposent les masses communautaires à la pandémie du siècle. On peut dans ce sens, citer quatre grands groupes de facteurs; le flux migratoire des populations dans ces villes à donner lieu à un brassage culturel lui-même gage d’un ensemble de pratiques socioculturelles à l’instar des mariages intergénérationnelles précoces et forcés, le sororat et le lévirat favorisant la transmission du virus du VIH, les mentalités rétrogrades fruits de l’ostracisme culturelle doublées de l’ignorance des moyens de prévention du VIH Sida ont tôt fait de mystifier cette maladie et contribuent ainsi à propager la maladie; le phénomène des camionneurs tchadiens et centrafricains qui empruntent la nationale n°10 traversant les villes de Meiganga et Djohong, a fait de ces villes un véritable foyer de pratiques sexuelles irresponsables donc le vagabondage sexuelle et la prostitution déguisée favorable au VIH; les grands projets structurants à l’instar du pipeline Tchad Cameroun, ou encore la construction des voies de communication pour le tronçon Garoua-Boulai/Ngaoundéré par des multinationales, à donner lieu un brassage de population donc l’impact Humain en termes de lutte contre le VIH, n’a pas été efficacement prise en compte lors des études d’impacts sociaux desdits grands projets structurants. Ces facteurs combinés justifient le fait que ces deux villes soient des foyers potentiels pour la propagation du VIH-sida.

Sacrifie-t-on donc, les gens au profit de l'économie nationale puisque le corridor y est pour quelque chose?

Même si les grands projets structurants ont un impact significatif dans le taux de séroprévalence dans ces villes, on ne saurait dire d’entrée de jeu que l’on a sacrifié les populations au bénéfice de l’économie. Mais, on pourrait simplement souligner que l’on a choisi le développement infrastructurelle par rapport au développement Humain et social. L’on a donc ainsi, ceci très souvent, minorer l’impact humain et social des grands projets donc la particularité est de favoriser le brassage culturelle des populations. Ces projets devraient s’accompagner d’un plan de minoration des risques et surtout d’un plan d’adaptabilité des populations locales face au nouvel environnement qui va ainsi se créer. Au cas contraire, les populations en général et les femmes et jeunes filles en particuliers sont souvent désarçonner et succombent au gain facile que représente le vagabondage sexuel.

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